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Die Serien

Stéphane Mitchell:
«On a le droit d’apprendre, pas vrai?»

Scénariste et dramaturge genevoise, Stéphane Mitchell a écrit et réécrit les 26 épisodes de la série «Heidi», coproduite par la TSR et France 2.

/script: Stéphane Mitchell, comment vous êtes-vous retrouvée dans l’aventure de «Heidi»?
Stéphane Mitchell: Rita Productions m’a contacté en mars 2006 en vue d’un travail de polissage. A l’origine, les 26 épisodes avaient été écrits par un team d’une vingtaine de scénaristes français et il fallait y apporter une «touche» helvétique. Au final, c’est devenu un travail de réécriture et même d’écriture, puisque j’ai développé moi-même sept scénarios en plus des 19 que j’ai réécrits.
Dans quelles conditions avez-vous travaillé?
Comme je suis entrée dans le projet en mars et que le tournage débutait en juin, j’ai dû travailler très vite. En gros, j’ai pris quatre jours pour écrire chaque épisode. Au cours du processus, j’ai eu plusieurs interlocuteurs: tout d’abord les réalisateurs suisses Anne Deluz et Pierre-Antoine Hiroz, ainsi que Pauline Karli Gygax, la productrice éditoriale chez Rita Productions, et Eve Vercel, la productrice parisienne, qui m’ont donné leur feed-back, à la suite duquel j’ai procédé à quelques ajustements; ensuite les diffuseurs, soit la TSR et France 2, qui m’ont eux aussi fait part de leurs commentaires.
Comment se sont déroulés les rapports avec les chaînes?
Plutôt bien. Une fois assimilé le fait que la TSR destinait la série à une case de prime-time et France 2 à ses programmes jeunesse, j’ai trouvé mes marques. A la suite des élections présidentielles françaises, nous avons eu un nouvel interlocuteur mais ce changement n’a pas entraîné de bouleversement majeur, même si la sensibilité de la nouvelle équipe n’était pas la même que celle de la précédente.
Les différents intervenants étaient-ils d’accord entre eux?
Pas toujours. J’ai appris à faire le poing dans la poche et à ne pas avoir trop d’ego. De fait, j’ai facilement lâché du leste sur les choses qui ne me paraissaient pas trop importantes. D’une manière générale, plus les retours étaient précis, plus la réécriture était aisée.
Quelle était votre expérience de la série avant «Heidi»?
J’avais écrit trois épisodes des «Pique-Meurons», dont deux avaient été tournés. A part ça, je suis une grande fan de séries.
La réécriture a constitué une grande partie de votre travail. Comment vous y êtes-vous prise?
Dans les 19 épisodes que j’ai réécrits, j’ai gardé tout ce qui marchait et taillé dans les scènes, généralement trop bavardes. J’ai aussi tenu compte du nombre limité de décors disponibles compte tenu du budget – cinq principaux. De la sorte, j’ai appris l’économie de moyens. Par exemple, quand on rajoute un décor, on fait en sorte d’y écrire cinq scènes sur toute la saison, si possible avec les mêmes comédiens. De même, on n’inclut pas un personnage secondaire dans un décor qui n’est pas le sien – un impératif dicté par le fait que le tournage s’est déroulé entre les Alpes françaises et Fribourg.
Que pensez-vous de la proposition de la TSR qui veut inclure la série dans le Pacte de l’Audiovisuel?
Etant moi-même une grande fan de séries, je n’y vois pas d’inconvénient. Privilégier ce format est une chance pour tous les Romands qui se sont frottés au format court de faire leurs gammes. A titre personnel, je regretterais toutefois la disparition pure et simple du téléfilm, qui permet aux auteurs de raconter des histoires autrement.
Que répondez-vous à tous ceux qui disent qu’il n’y a pas en Suisse romande suffisamment d’auteurs de séries?
On a bien le droit d’apprendre, pas vrai?

Propos recueillis par Patrick Claudet, octobre 2007

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